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L'Alpe d'Huez

  • Altitude : 1850 mètres
  • Département : Isère (38)
  • Région : Auvergne Rhône Alpes
  • Catégorie : HC

Montée depuis Le Bourg d’Oisans

Distance : 13,9 km – Dénivelé : 1090 mètres – Pente moyenne : 7,9 % Pente maximale : 13 %

  • Longueur : 3/5
  • Paysage : 3/5
  • Difficulté : 4/5
  • Trafic : 4/5

14/20

Location vélo : Cycles et Sport au Bourg d’Oisans

Contrairement aux Pyrénées, les Alpes offrent peu d’arrivées au sommet mythiques sur le Tour de France bien que Christian Prud’homme ait organisé un final au sommet du Galibier en 2011 et de l’Izoard en 2017. S’il en existe bien une dans les Alpes c’est l’Alpe d’Huez qui offre les fameux 21 lacets numérotés de façon décroissante avec un panneau à chaque virage rappelant les différents vainqueurs d’étape depuis 1952.

Cette ascension de 13.9 kilomètres à 7.9% de moyenne est devenue mythique grâce aux nombreux passages du Tour, aux fameux 21 lacets et à son caractère souvent décisif (le coureur en jaune le soir de l’étape l’est presque toujours à Paris).

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Baptiste Diet/Alpe d’Huez Tourisme

Dès la sortie du Bourg-d’Oisans (720m), la route traverse la Romanche et oblique sur la gauche pour offrir un mur à 10.5% dans lequel l’US Postal sous la conduite de Rubiera avait tout fait exploser lors du Tour 2003. Ces 3 premiers kilomètres à 10% de moyenne qui dessinent six virages (de 21 à 16) sont les plus difficiles de la montée et obligent à tout mettre à gauche pour atteindre le hameau de la Garde (988m). C’est pour cette raison qu’il convient de bien s’échauffer auparavant pour absorber ce changement brutal de pente.

La route livre ensuite un léger fléchissement de pente à 6.5% au kilomètre 3 lors de la traversée de la Garde qui remonte brutalement à 10% à partir du virage 15. La déclivité reste alors très forte au fil des kilomètres (10%-8%-10.5-7%-8.2%-8.8% et 9%) au cours de cet enchainement de huit virages (de 15 à 7) dont chaque replat permet de relancer l’allure ou de s’alimenter.

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Baptiste Diet/Alpe d’Huez Tourisme

La traversée d’Huez (1495m) située entre le virage 6 et le virage 7 (surnommé le virage des Hollandais) offre enfin un court répit dont il faut profiter. Dès la sortie d’Huez, la route s’élève à nouveau à plus de 9% à partir du virage numéro 4. La montée dessine alors une certaine symétrie dans la difficulté puisque les 3 kilomètres qui précèdent l’entrée dans l’Alpe d’Huez (tout comme les trois premiers de l’ascension) proposent les pourcentages les plus douloureux. Le dernier virage baptisé numéro 1 qui dessine une déclivité impressionnante en se refermant sur la droite permet d’apercevoir les immeubles de l’Alpe d’Huez.

L’entrée dans la station au kilomètre 12.5 marque la fin des forts pourcentages. Au décours du virage 0, la route d’Huez livre enfin des pourcentages moins agressifs en devenant la route du Signal que l’on quitte pour se diriger sur la droite avenue de l’Etendard. Cette avenue en léger faux plat descendant permet d’atteindre le fameux rond-point qui offre un virage ouvert sur la gauche dans lequel Pantani avait tiré tout droit lors du Tour 1995. Un ultime effort devra être fourni pour avaler les 350 derniers mètres à 7.5% de l’avenue du Rif Nel sur laquelle Hinault et Lemond avaient enfanté l’aigle à deux têtes le 21 juillet 1986.

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Baptiste Diet/Alpe d’Huez Tourisme

Cette ascension fait partie des cols Hors Catégories (HC) accessibles comme la montée de Luz Ardiden. L’Alpe d’Huez peut ainsi constituer une première expérience de col HC. Les 21 virages complètement plats permettent de relancer l’allure et offrent un léger répit. J’avais choisi de monter ce col en milieu de semaine à la mi-septembre pour éviter une circulation automobile dense comme lors de ma montée du col du Télégraphe. « Cette montée des Hollandais » est moins difficile que ses illustres voisins la Madeleine, le Galibier, la Croix de Fer ou le Glandon.

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Le doublé de Gianni Bugno (23 juillet 1991)

L’étape Gap-l’Alpe d’Huez propose une courte étape de 125 kilomètres avec pour mise en jambe le col Bayard puis le col d’Ornon avant les 21 virages les plus célèbres du Tour de France. Le peloton des favoris emmené par les Banesto de Miguel Indurain attaque les premières pentes de l’Alpe d’Huez, il s’agit de l’une des dernières occasions de prendre l’espagnol en défaut.

Au pied de la montée, Gianni Bugno place une première attaque, Jean François Bernard équipier de luxe de l’espagnol ramène le groupe maillot jaune grâce à un gros travail défensif. Un nouveau démarrage du champion d’Italie quelques hectomètres plus loin contrôlé par un grand Jean François Bernard qui pourrait partir seul selon Robert Chapatte est fatal à Greg Lemond, Pedro Delgado, Charly Mottet et Laurent Fignon.

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Les coureurs échappés sont repris un à un : Ronan Pensec, Steven Rooks, Ruiz Cabestani, Thierry Bourguignon puis Thierry Claveyrolat et Gert-Jan Theunisse qui s’accrochent un temps. Lorsque Bernard s’écarte, seul le maillot jaune et le maillot à pois parviennent à répondre à une nouvelle accélération du leader de l’équipe Gatorade. Les trois grands du Tour 1991 sont désormais seuls et collaborent. Alors que l’on imagine que ce trio ira au bout, Jean François Bernard, accompagné de Thierry Claveyrolat et de Luc Leblanc revient de l’arrière pour se placer en tête et à nouveau réguler l’allure.

« Bugno devant le futur vainqueur du Tour »

Ce tempo très soutenu fera craquer Chiappucci moins aérien que dans les Pyrénées. Bugno remporte l’étape devant le futur vainqueur du Tour comme l’année précédente et s’assure définitivement la place de dauphin sur le podium final. Luc Leblanc finit troisième à 2’’ et Bernard quatrième à 35’’.

Coureur réputé fragile psychologiquement et parfois effrayé à l’idée de se saisir du glaive et de livrer bataille, Gianni Bugno force sa nature dans cette montée en attaquant dès le pied de l’Alpe pour tenter de renverser Indurain lui qui a souvent donné l’impression de courir pour la deuxième place. Bugno réalise ainsi un fabuleux doublé après sa victoire l’année précédente devant Lemond. Très poreux à l’environnement et souvent en difficulté dans la gestion de ses émotions, l’italien n’obtiendra pas le palmarès (pourtant très honorable) que son talent lui promettait (Giro 1990 et classement par points, champion du monde 1991 et 1992, Milan san Remo 1990, Classique San Sebastien 1991 et Tour des Flandres 1994).

Après avoir été la montée des Hollandais dans les années 80 (Peter Winnen 81-83, Steven Rooks 88, Gert Jan Theunisse 89), elle devient dans les années 90 la montée des Italiens (Gianni Bugno 90-91, Roberto Conti 94, Marco Pantani 95-97, Guiseppe Guerini 99) pour devenir celle des français dans les années 2010 (Pierre Rolland 2011, Christophe Riblon 2013, Thibaut Pinot 2015).

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