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Col d’Aubisque

  • Altitude : 1709 mètres
  • Département : Hautes Pyrénées (65)
  • Région : Languedoc Roussillon-Midi Pyrénées
  • Catégorie : HC

Montée depuis Argelès Gazost :

Distance : 29 km – Dénivelé : 1365 mètres – Pente moyenne : 5,2 % - Pente maximale : 10 %

  • Longueur : /5
  • Paysage : /5
  • Difficulté : /5
  • Trafic : /5

/20

Location de vélo :

A paraitre

Happy Wednesday pour Stephen Roche (17 juillet 1985)

Cette fin de Tour 1985 est marquée par la baisse de performance du maillot jaune Bernard Hinault depuis sa chute lors du sprint de St Etienne. La veille dans la première étape pyrénéenne qui offrait le mythique tryptique Aspin/Tourmalet/Luz Ardiden, Bernard Hinault aurait pu perdre le Tour si le directeur sportif de la Vie Claire n’avait pas interdit à Lemond d’attaquer dans la montée de Luz Ardiden (cf col de Peyresourde).

C’est dans ce contexte tendu que s’élance la demi-étape entre Luz Saint Sauveur et le sommet de l’Aubisque. Les 52 kilomètres offrent l’ascension du Soulor puis celle de l’Aubisque par son versant est. Dès le pied du Soulor, Luis Herrera attaque. Le maillot à pois est pris en chasse par Stephen Roche qui le contre aussitôt. Le leader de la Redoute se lance dans un grand numéro et franchit le col du Soulor 50’’ devant le colombien qui est repris par le groupe des favoris dans la courte descente qui précède la montée finale.

aubisque Tour de France 1

Débute alors une course poursuite entre l’irlandais et un groupe qui réunit la crème de la crème mais surtout quatre maillots distinctifs : le jaune de Bernard Hinault, le mondrian de Greg Lemond, le maillot à pois de Luis Herrera et le maillot vert de Sean Kelly. Pedro Delgado, Paul Wellens, Fabio Parra et Beat Breu complètent ce groupe de costauds.

Stephen Roche remporte sa première étape sur le Tour de France 1’3 devant Sean Kelly, 1’5 devant Paul Wellens et 1’15 devant un groupe comprenant Herrera, Anderson, Delgado et Lemond. Cette victoire devant toutes les stars du peloton est synonyme non pas d’un dimanche sanglant pour l’irlandais mais d’un mercredi heureux.

Bernard Hinault qui apparait en difficulté depuis l’entrée dans les Pyrénées lâche prise à 2 kilomètres du sommet. Le maillot jaune est ramené par le maillot à pois dans un premier temps avant d’être à nouveau distancé. Bernard Hinault qui a su gérer les derniers kilomètres limite la casse et finit à 1’30 de Stephen Roche. Jacques Anquetil qui commente le Tour sur Antenne 2 en compagnie de Robert Chapatte souligne avec ironie que « Luis Herrera veut décidément bien se mettre avec Bernard Hinault ».

L’irlandais confirme les espoirs placés en lui en terminant le Tour 85 à la 3ème place derrière l’imbattable duo Hinault/Lemond. Débarrassé de ces deux coureurs d’exception (Hinault prend sa retraite en 86 et Lemond est victime d’un grave accident de chasse en avril 87), Roche effectue une saison 87 qui restera dans l’histoire en réalisant le triplé Giro-Tour de France-championnat du monde que seul le grand Eddy Merck avait réalisé en 1974. Il est alors au sommet.

« Where The Streets Have No Name »

Cédant aux sirènes de l’argent, l’irlandais signe chez Fagor pour la saison 88. Ce choix se révèlera catastrophique. Brouillé avec ses dirigeants et régulièrement blessé, l’irlandais ne connaitra pas la joie de porter le maillot arc en ciel et le dossard 1 sur le Tour de France comme Merckx en 72 et 75 puis Lemond en 90. À la suite du chef d’œuvre de 1987, l’irlandais multiplie les erreurs dans ses choix d’équipe (Fagor 88-89), Histor-Sigma (90), Tonton Tapie-Corona (91). Ses résultats sur le Tour sont alors indignes : forfait en 88, abandon en 89, 44ème en 90 et hors délai en 91. Pourtant très apprécié dans le milieu, il devient la risée du peloton en se présentant en retard au contre la montre par équipe de la 2ème étape du Tour 91. Le souriant Stephen doit courir l’étape seul et arrive hors délai. Ce jour-là, Roche veut à la fois courir et se cacher sur ce parcours rhodanien où les rues n’ont pas de nom. Le natif de Dublin ne peut pas croire les nouvelles du jour : il rentre à la maison dès la 2ème étape d’un Tour qui s’annonce ouvert.

Tout comme Laurent Fignon chez Gatorade, Stephen Roche réussit sa fin de carrière en signant au sein d’une équipe transalpine. Le vainqueur du Tour 87 retourne chez Carrera en acceptant lui aussi de se mettre au service d’un italien. Il s’offre une dernière étape sur le Tour de France lors de sa victoire à la Bourboule en 1992. L’irlandais finit le Tour à une très honorable 9ème place puis prend la 13ème en 1993 pour le dernier Tour du facétieux Stephen.

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