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Col de la Cayolle

  • Altitude : 2326 mètres
  • Département : Alpes de Haute Provence (04)
  • Région : Provence Alpes Côte d’Azur
  • Catégorie : 1

Montée depuis Barcelonette :

Distance : 29,6 km – Dénivelé : 1202 mètres – Pente moyenne : 4,5 % - Pente maximale : 8,5 %

  • Longueur : 5/5
  • Paysage : 5/5
  • Difficulté : 3/5
  • Trafic : 4/5

17/20

Le col de la Cayolle permet de rejoindre la Méditerranée en passant des Alpes de Haute Provence (04) aux AlpesMaritimes (06). Peu présent dans l’histoire du Tour de France avec seulement trois passages (1950, 1955 et 1973), ce joyau du Mercantour constitue une voie d'accès moins fréquentée que le col d'Allos ou la Cime de la Bonette. Situé à l'est du Mont Pelat (3051 m), il permet de relier la vallée de l'Ubaye au nord à la vallée du Var au sud.

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Pas de forts pourcentages ni de défi physique d'envergure dans ce col préservé des grandes stations de sports d'hiver et des accès routiers saturés. On vient sur la Cayolle pour se cacher, se ressourcer et se reconnecter à soi. Une auto-thérapie au coeur de la montagne.

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Située au cœur de la vallée de l’Ubaye, Barcelonnette propose un terrain de jeu (Allos, Vars, Cime de la Bonette, Cayolle, Pra Loup) sans équivalent. Cette sous-préfecture des Alpes de Haute Provence aux accents hispaniques dont l’histoire reste liée à l’exode mexicaine de ses villageois au XIXème siècle forme une enclave colorée au cœur des Alpes du Sud. En venant de Barcelonette, seuls les cinq derniers kilomètres vous obligeront à fournir un effort soutenu. La pente oscillera entre 2 et 5% avant ce final minéral.

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En quittant Barcelonnette par l’ouest, la route décrit une grande courbe sur la gauche qui permet de bien s’échauffer pendant 3 kilomètres jusqu’au Pont-Rouge (1144 m). Laissant sur votre droite la route menant du Pied de la Maure (1144 m) quelques hectomètres plus loin, vous vous engagez en direction de Uvernet Fours (1183 m) que vous ralliez au kilomètre 2. Les gorges du Bachelard constituent votre fil conducteur. Vous montez grand plateau en traversant ces gorges impressionnantes sur un ruban de bitume large de moins de deux mètres. Au kilomètre 6, la route oblique soudainement en direction de l'est sur une pente qui reprend un peu de vigueur (6%).

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L'entrée dans le village de Fours Saint Laurent (1658 m) au kilomètre 15 marque la mi-parcours. L'arrivée au hameau Bayasse (1791 m) au kilomètre 18 annonce la troisième partie du défi du jour. Vous vous élevez à l'aide de trois délicieux lacets. Le col débute enfin et vous impose une rampe à 8%.

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A 4,4 kilomètres du sommet, un panneau annonce "prochain kilomètre à 8%". Vous longez une cascade en mettant une dent supplémentaire. Passé au dessus de la barre symbolique des 2000 mètres, vous sentez les effets de la haute altitude.

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Le Pont de la Cascade (2028 m) prépare l'arrivée au refuge (2257 m) au kilomètre 26. Du sommet, vous devinez au nord-ouest le Trou-de-l'Aigle (2961 m), au sud-ouest le sommet des Garrets (2822 m), au sud-est le synclinal perché de Roche Grande (2752 m) et à l'est la Tête de la Gypière (2626 m). Méconnu en raison des rares passages du Tour de France et mésestimé par les chasseurs de cols qui privilégieront la Bonnette et ses 2802 mètres, le col de la Cayolle est l'un des plus beaux endroits des Alpes du Sud.

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Charly Gaul, l'archange de la montagne (15 juillet 1955)

La 9ème étape du Tour 1955 mène les coureurs de Briançon à Monaco. Intenable la veille sur les pentes des cols des Aravis, du Télégraphe et du Galibier, Charly Gaul repasse à l'offensive dès les premiers reliefs malgré les 275 kilomètres au menu du jour. A la sortie de Guillestre, le luxembourgeois attaque dans le col de Vars. Le natif de Phaffenthal rattrape Scodeller parti un peu plus tôt. Les fuyards franchissent ce col 1’20" devant Bobet et Gelabert. La bagarre a déjà commencé.

La descente vers Barcelonnette permet le retour de leurs principaux adversaires. Dans la 2ème difficulté du jour, le col de la Cayolle, Gaul et Scodeller s'échappent à nouveau. Charly Gaul imprime un tempo soutenu. Bobet se retrouve à 3’40" au sommet que le luxembourgeois franchit en tête. Robic et Geminiani sont à 9’30", Kubler et Ockers sont à la dérive.

Dans la vallée qui mène au col du Vasson, Gilbert Scodeller chute et abandonne. Le leader de l'équipe LUXEMBOURG poursuit son effort seul et franchit le sommet avec 4’15" d’avance sur Bobet. Il reste 100 km à parcourir pour rallier Monaco et la pluie se met à tomber violemment.

« Premier grimpeur pur vainqueur du Tour »

Sagement, Gaul attend le regroupement. Dans la descente de la Turbie, Gaul chute et termine l'étape à une décevante 10ème place après les efforts consentis. Pénalisé par la formule des équipes nationales, il perd 3'36" sur Geminiani qui remporte l'étape.

Révélation de ce Tour 1955, le luxembourgeois de 22 ans monte sur la troisième marche du podium se consolant avec le grand prix de la montagne qu'il remporte à nouveau l'année suivante. Isolé au sein d'une équipe mixte quand les meilleurs coureurs français, italiens ou belges peuvent s'appuyer sur des compatriotes de grande valeur, Gaul lève néanmoins les bras à deux reprises à Briançon et Saint Gaudens.

« N'oublie pas que je suis un ancien garçon boucher, je ferai la peau à votre Bobet ! »

Coureur racé, habitué à attaquer dès le premier col des étapes de montagne, Charly Gaul remporte enfin le Tour en 1958 en usant de cette tactique. Entre Briançon et Aix les Bains, le luxembourgeois illumine cette édition sous une pluie glaçante. Après un raid solitaire de 110 kilomètres amorcé près du lac de Luitel dans l'Isère, Charly Gaul reprend à Raphael Geminiani les onze minutes qu'il avait perdu deux jours plus tôt à Gap. Meilleur grimpeur que ses adversaires, l'archange s'impose sur les pentes du Mont Ventoux puis gère son avance jusqu'à Paris. Gaul devance au classement général de plus de trois minutes l'italien Vito Favero sur la piste du Parc des Princes.

Ce grimpeur d'exception était transcendé par les mauvaises conditions météorologiques qu'il supportait mieux que les autres. C'est sous la pluie diluvienne des Alpes qu'il forgea son succès dans le Tour 1958, quand un pur grimpeur s'imposa pour la première fois dans l'histoire de la Grande Boucle.

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Deux Giro glanés en 1956 et 1959, ce merveilleux coureur, allergique aux fortes chaleurs s'adjuge deux grands prix de la montagne remportés sur les routes italiennes ces mêmes années. Charly Gaul a surtout marqué l'histoire de son sport par sa résistance exceptionnelle aux éléments hostiles.

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